Afin de remplir notre mandat de prévention de la transmission du VIH, du VHC et des autres ITSS et de réduction des méfaits liés à la consommation de drogues et au mode de vie de la rue, nous devons sans cesse actualiser les activités offertes par le GIAP. En effet, les pairs-aidants ne travaillent pas en vase clos; au contraire leur présence régulière au sein des organismes partenaires et les échanges qu’ils ont, autant avec les jeunes qu’avec les intervenants, leur permette d’être en phase avec le milieu. Cette présence accrue sur le terrain nous assure aussi que le travail effectué en équipe par les pairs-aidants retourne par la suite vers les organismes partenaires, qui non seulement en bénéficient, mais peuvent aussi l’alimenter à leur tour!

Nous présentons ici les principaux pôles autour desquels s’articulent les actions du GIAP. Néanmoins, ces actions ne sont pas figées, elles se transforment au fil du temps, suivant l’évolution du milieu, l’émergence de nouvelles tendances et le développement de nouvelles connaissances en matière de prévention, de réduction des méfaits ou encore de cohabitation sociale.

Les interventions individuelles ou en petits groupes

Dans le cadre de leur travail au sein des ressources partenaires, les pairs-aidants vont à la rencontre des jeunes, avec lesquels ils travaillent à bâtir des liens de confiance. Les pairs-aidants visent le développement d’un souci de soi chez les jeunes auprès de qui ils interviennent et une reprise en charge de leur santé globale. Pour ce faire, ils offrent de l’écoute active et du soutien dans les démarches entreprises par les jeunes. Les sujets les plus abordés lors des interventions individuelles concernent la réduction des risques, la gestion de la consommation, les relations interpersonnelles, la sexualité, la gestion des émotions et l’autonomie. L’éventail des sujets abordés par les jeunes démontre bien l’approche alternative globale d’intervention qui caractérise l’action des pairs-aidants. Les pairs-aidants peuvent aussi référer les jeunes et les accompagner au besoin vers d’autres services. Les pairs-aidants profitent des moments d’échanges informels pour donner de l’information relative à la prévention des ITSS et pour promouvoir un message de santé à travers la réduction des méfaits. Les interventions individuelles déployées par les pairs-aidants peuvent prendre appui sur les nombreux outils de prévention originaux et alternatifs qu’ils développent en équipe.

Les interventions de groupe

Les pairs-aidants interviennent aussi de façon collective, suivant des objectifs divers allant de la prévention des ITSS à la démystification du milieu de la rue, en passant par le développement de compétences organisationnelles chez les jeunes rencontrés. L’intervention collective prend le plus souvent appui sur des activités de groupe à caractère ludique ou des ateliers de sensibilisation. Que ce soit au sein des ressources partenaires, dans le milieu scolaire post secondaire ou encore dans le cadre du Festival d’Expression de la Rue, diverses activités sont animées par les pairs-aidants afin de rencontrer ces objectifs.

Les pairs-aidants du GIAP seront heureux d’aller vous rencontrer et animer ces activités chez vous. Ces activités seront animées gracieusement à l’intention des jeunes en situation de très grande précarité. Selon le public rejoint, des tarifs pourraient s’appliquer. Si vous êtes intéressés à nous recevoir, allez visiter nos offres de services sous l’onglet Animations.

Quizz ITSS ou Twister de la prévention

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Cette activité, développée plus particulièrement à l’intention des jeunes, peut s’adresser à n’importe quel public intéressé à en apprendre davantage sur les infections transmises sexuellement ou par le sang (ITSS). Le quizz vise à augmenter chez les participants les connaissances des diverses ITSS, leurs modes de transmission et les moyens de s’en protéger. L’activité donne lieu à des prises de conscience relatives aux prises de risque. Le quizz peut être animé en tant que tel, ou en s’appuyant sur le jeu Twister, pour plus de dynamisme.

 

 

Parcours-Party

Parcours Party

 

Cette activité s’adresse aux jeunes et recréant l’ambiance d’une soirée de party. L’activité permet aux participants d’acquérir des connaissances sur les drogues, à partir de leurs propres habitudes de consommation. Pour ce faire, des fausses drogues sont disposées sur une table et les participants se font questionner sur chacune d’entre elles quant aux effets, aux mélanges à éviter, à la durée de l’effet, etc. L’activité inclut aussi un quizz sur les différents types de condoms disponibles, leurs propriétés et leur bon usage. Cela permet aux participants d’être sensibilisés au sécurisexe.

 

 

L’atelier de création de macarons

Atelier de macarons

 

Cet atelier s’adresse aux jeunes en situation de précarité. L’objectif est d’acquérir de nouvelles habiletés tout en développant leur créativité, en confectionnant un ou plusieurs macarons de leur choix. L’activité peut être adaptée en fonction d’une thématique particulière, qu’il s’agisse de lutte à l’homophobie ou au racisme ou la prévention des toxicomanies. L’activité offre en outre un contexte propice pour créer des contacts et aborder des sujets délicats, tels quel la sexualité et la prévention des ITSS.

 

 

Les ateliers de cuisine

Atelier de cuisineCet atelier s’adresse aux jeunes en situation de précarité. L’objectif de l’atelier est d’augmenter les habiletés des jeunes à cuisiner, de façon à augmenter leur autonomie et leur capacité à prendre soin d’eux-mêmes. Sur la base de denrées distribuées par les banques alimentaires, les pairs-aidants concoctent avec les participants un menu simple, santé et à petit prix, qui pourra facilement être reproduit par la suite. L’atelier permet aussi d’aborder l’importance de l’hygiène en cuisine. Le repas collectif après l’atelier permet aux jeunes d’échanger sur les apprentissages réalisés et d’aborder divers sujets reliés à la santé. Cet atelier est d’une durée de 3,5h avec les participants. Le groupe pour l’atelier doit être composé d’un maximum de 8 jeunes. Pour recevoir l’atelier dans votre ressource, vous devez disposer d’une cuisine assez grande pour accueillir 10 personnes, d’un minimum d’équipement et d’instruments de cuisine et avoir accès à des dons d’une banque alimentaire.

L’atelier SEXEprimer

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Cet atelier s’adresse aux jeunes en situation de grande précarité. L’atelier, qui prend la forme d’une discussion, permet d’aborder la sexualité et la prévention des ITSS sous l’angle du respect de soi et de son/ses partenaire(s). L’atelier est conçu pour un petit groupe de 5 ou 6 jeunes tout au plus. Quelques grandes questions sont lancées par les pairs-aidants pour stimuler une discussion (ex : C’est quoi pour vous le respect dans la sexualité? Est-ce qu’il y a des choses qui pour vous ne se disent pas par rapport au sexe?). Le contenu de l’atelier peut donc varier d’ungroupe à l’autre, selon les préoccupations de chacun. L’atelier est d’une durée moyenne de 75 minutes, selon le groupe.

 

Formation « Démystification des réalités des jeunes de la rue »

Cette formation s’adresse aux personnes et professionnels appelés à intervenir auprès de jeunes en situation de grande précarité, notamment les professionnels de la santé, les policiers, pompiers, etc. À partir des expériences des pairs-aidants, la présentation, très interactive, aborde les facteurs de risques et les réalités dans lesquelles se trouvent les jeunes de la rue ou en situation de grande précarité, dans une optique de démystification. La présentation aide les participants à mieux comprendre les problématiques reliées à la rue de façon a mieux intervenir auprès des jeunes.


Formation « Les drogues et la rue: une vision alternative en réduction des méfaits »

Cette formation s’adresse aux intervenants et professionnels intervenant auprès de personnes qui consomme des drogues et qui sont issues du milieu de la rue. À partir du savoir expérientiel des pairs-aidants, cette formation permet aux participants de se familiariser davantage avec les tendances actuelles de consommation de substance phychoactives, au mode de vie de la rue et de l’approche de réduction des méfaits. Plus précisément, cette formation aborde les principales substances en vogue à Montréal, les impacts de la consommation sur les comportements, les mélanges de drogues et médicaments et risques associés, le sevrage et la prévention de la rechute. D’une durée de 2h, cette formation est interactive et permet la discussion entre les participants.

L’implication communautaire

L’implication communautaire constitue un autre champ d’action du GIAP. Afin de prendre part activement à la compréhension de l’évolution du milieu de la rue et à la détermination des moyens les plus adaptés pour répondre aux besoins du milieu, le GIAP est impliqué dans plusieurs activités et concertations communautaires. L’équipe du GIAP est représenté à la Table de concertation Jeunesse-Itinérance, qui regroupe des organismes impliqués auprès des jeunes en situation de grande précarité; il est aussi présent à la Table de concertation du Faubourg Saint-Laurent, qui regroupe divers acteurs afin de favoriser la communication et les échanges autour d’ enjeux de sécurité du quartier; le GIAP est aussi mobilisé pour la recherche de solutions alternatives à la judiciarisation des personnes itinérantes et prend activement part aux activités de l’Opération Droits Devants; l’équipe s’implique aussi à la Nuit des sans-abri de Montréal afin de sensibiliser le grand public aux réalités de l’itinérance. Dans le cadre du Festival d’Expression de la Rue, le GIAP organise annuellement une discussion citoyenne, qui rassemble divers acteurs du centre-ville autour du thème de la cohabitation sociale. Les pairs-aidants du GIAP s’impliquent par ailleurs au sein d’activités communautaires organisées par les ressources partenaires, qu’il s’agisse de repas communautaires ou d’activités spéciales telles que les blitz de récupération de matériel de consommation à la traîne.

La diffusion de l’approche d’intervention par les pairs

Les pairs-aidants du GIAP sont des experts de l’approche d’intervention par les pairs. Ils sont aussi experts du milieu de la rue et des réalités qui peuvent être vécues par les jeunes en situation de grande précarité. À ce titre, ils sont régulièrement interpellés pour partager leurs expériences, leurs savoirs, leur approche d’intervention, et ce auprès de divers publics. Par leur importante présence au sein des ressources partenaires du GIAP, les pairs-aidants font la promotion de l’intervention par les pairs auprès des intervenants et des directions des organismes. L’implication dans différences instances de concertation offre une autre occasion au GIAP de promouvoir l’intervention par les pairs. Aussi, depuis les origines du projet en 1993, le GIAP a toujours collaboré étroitement avec le milieu de la recherche universitaire et le fait encore régulièrement. Cela a d’ailleurs fortement contribué à la reconnaissance de l’approche d’intervention par les pairs dans le milieu de l’intervention. L’originalité et l’innovation dont fait preuve le projet ne cesse de susciter l’intérêt des chercheurs en sciences sociales; nous vous invitons à consulter la section Outils et Docs pour en apprendre d’avantages. Les pairs-aidants animent aussi régulièrement des formations afin de démystifier la réalité des jeunes en situation de grande précarité auprès de professionnels de la santé et des services sociaux, ou encore auprès d’étudiants susceptibles d’intervenir auprès de populations marginalisées de par leurs domaines d’études. Diminuer les préjugés des professionnels à l’endroit des jeunes en situation de précarité constitue un moyen efficace de faciliter l’accès aux services dont ils ont besoin; cela s’inscrit aussi bien dans l’approche globale de la santé qui prévaut au GIAP.

La promotion de l’empowerment collectif et du changement social

Au GIAP, nous reconnaissons la dimension sociale de la santé; la santé doit donc être comprise et définie par rapport à soi-même, à ses relations avec les autres et à la place occupée dans la société. La lutte contre l’exclusion sociale et pour la reconnaissance des personnes marginalisées comme citoyens à part entière s’intègre donc parfaitement dans le travail d’amélioration de la santé des jeunes en situation de précarité dans lequel est impliqué le GIAP. Ces enjeux sociaux de citoyenneté, de cohabitation, de partage de l’espace public et du respect des droits fondamentaux doivent être adressés de façon collective. L’organisation du Festival d’Expression de la Rue est un bel exemple d’une démarche d’empowerment collectif. Aussi, la qualité de l’’environnement physique et social détermine grandement la capacité des individus à prendre en charge leur propre santé. En effet, on ne peut s’attendre à ce qu’un consommateur utilise du matériel d’injection stérile pour réduire ses risques d’être infecté par une ITSS si ce matériel stérile n’est pas disponible à proximité de son milieu de vie. On ne peut pas non plus s’attendre à ce qu’un jeune en pleine détresse psychologique appelle à l’aide s’il n’a aucun réseau de support. Ainsi, par leur présence sur le terrain, en facilitant l’accès au matériel stérile de consommation dans certains milieux désaffiliés, en animant des conférences afin de diminuer les préjugés entourant les jeunes en difficulté, les pairs-aidants du GIAP contribuent à rendre les milieux du centre-ville plus propice à la prise en charge de la santé et notamment à la prévention des ITSS.

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